vendredi 24 février 2012

Pourquoi des poids lourds sur la N29 ?

Hypothèse : les itinéraires autoroutiers situés au nord et au sud de Gembloux constituent des détours pour un certain type de transport, à savoir celui qui vise à relier Lille-Métropole, le Hainaut et les Pays-Bas dans un axe sud-ouest/nord-est. Or, le tracé de la RN29 s'inscrit parfaitement dans cet axe.


En bref, la route nationale n°29 en Wallonie, c'est :
- De Charleroi à Zétrud-Lumay, soit environ 53 km ;
- Principales agglomérations desservies : Fleurus, Gembloux et Jodoigne ;
- Sur la commune de Gembloux : plus de 10 km, dont environ 3 km en milieu urbain (zone d'habitat au plan de secteur).

Et en Flandre, c'est :
- De Hoegaarden à Beringen, soit environ 45 km ;
- Principales agglomérations desservies : Tirlemont et Diest ;
- Le dernier tronçon vers Beringen n'est en principe pas emprunté pour le trafic de transit vers les Pays-Bas.

Un exemple [qui doit être confirmé par le secteur du transport routier et celui de la logistique], la liaison entre l'aéroport 'Brussels South' (Gosselies) et la ville d'Eindhoven au Pays-Bas, important pôle logistique européen :
- Via E42 et E25 (Liège-Maastricht) : 202 km ;
- Via E19 et E34 (Bruxelles-Anvers-Turnhout) : 196 km ;
- Via N29 et E314 (Gembloux-Tirlemont-Lummen) : 160 km.

Conclusion : l'itinéraire de la N29 fait économiser 20% de distance aux camions par rapport aux itinéraires autoroutiers traditionnels, soit environ 22€ de carburant par trajet simple. Voilà pourquoi cette route nationale est particulièrement attractive pour les sociétés de transport international. En effet, le réseau autoroutier présente de plus en plus de points de congestion malgré une vitesse théoriquement élevée, notamment à proximité des grandes villes (ring, échangeurs). En termes de durée de trajet, il n'est donc pas attractif en comparaison avec un réseau de routes nationales relativement confortable et bien équipé.

Illustration : camion-benne dans la traversée de Jodoigne (©2012 Google StreetView)

mardi 21 février 2012

Importance et nature du trafic

Par téléphone, la Direction de la Sécurité des infrastructures routières (DGO1-21) du Service public de Wallonie me confirme les données récentes disponibles, c'est-à-dire en 2010-2011. A hauteur de la borne kilométrique 23,3 (magasin Carrefour Market), le trafic cumulé sur 24 heures est de 14.500 voitures et 1.300 camions. On me précise en outre qu'il n'y a pas de différence significative entre les deux sens de circulation.
Ces chiffres indiquent donc un taux de camions de l'ordre de 9% du trafic total. Du point de vue des flux de circulations (encombrement sur la route), on considère généralement qu'un camion est équivalent à 2 voitures personnelles. On dit qu'il vaut "2 Equivalents Véhicule Personnel" ou 2 EVP. Appliquée au tronçon urbain de la RN29, cette pondération nous donne un trafic total de 17.100 EVP, valeur que je trouve être mieux représentative en termes d'impact sur l'environnement (mobilité, bruit, vibrations).
Bien entendu, ce type de données ne nous indiqueront jamais l'origine et la destination des camions qui ont été comptabilisés. Or, dans le cadre urbain qui caractérise le tronçon qui nous intéresse, ces informations sont déterminantes pour évaluer les différents rôles joués par la RN29 à Gembloux : quelles sont les parts locale, nationale et internationale du trafic à cet endroit ? Voilà la question à laquelle il faut répondre avant d'envisager des mesures d'amélioration concrètes.
Si la fonction de transit national d'une telle route ne peut raisonnablement pas être remise en question, on peut toutefois débattre de son rôle de transit international qui, de mon point de vue, devrait être réservé aux autoroutes (E42, E411). Quant à la fonction de transit local, intercommunal et régional de la RN29, elle doit évidemment être préservée. Mais il me semble qu'on peut encore agir pour renforcer la sécurité et le confort des riverains et des usagers faibles dans ce qu'on appelle la 'traversée' de Gembloux, à savoir la partie située entre le magasin Carrefour Market (ancien GB) et le rond-point des Trois Clés (RN4).

jeudi 29 décembre 2011

Le malheur des uns ferait-il le bonheur des autres ?

Je partage un commentaire que j'ai publié sur le site SudPresse.be, en réaction à l'article confirmant pour 2012 le chantier de mise à 3 bandes du tronçon Sambreville-Andenne de l'autoroute E42.
1) J'habite à Gembloux, le long de la N29, route qui atteint les 15.000 véhicules par jour (catégorie 'noire' au SPW) et dont la projection 2013 faite au plan de mobilité (en 2003) est de plus de 19.000 VPJ ! On sait que la N29, en tant que raccourci idéal par rapport à l'E42, absorbe une grande partie du trafic poids lourds destiné au transport de marchandises, notamment international (vers et depuis les pôles logistiques des Pays-Bas et de l'Allemagne).
2) J'emprunte plus d'un jour sur deux le tronçon de l'E42 concerné par ces travaux : c'est effectivement un goulot à la fois saturé et dangereux ! Les poids lourds, qui ont l'interdiction de dépasser, roulent en file indienne et gênent les entrées/sorties + ils sont eux-mêmes gênés par le trafic voiture et sa vitesse souvent excessive.
N'en déplaise aux riverains de l'E42, cette mise à 3 bandes va non seulement améliorer la sécurité et la fluidité du trafic existant sur l'autoroute, mais elle devrait aussi délester quelque peu le réseau des routes, dont la N29.
Le malheur des uns ferait-il le bonheur des autres ?

dimanche 18 septembre 2011

Le trafic de transit 'poids lourd', c'est qui ?

Réponse du Ministre Lutgen à la question parlementaire qui lui a été posée par écrit fin 2009 :
"Une grande partie du trafic lourd décrié par les riverains ne peut pas être dévié par un autre itinéraire. En effet, les poids lourds qui empruntent la R.N. 29 relèvent aussi d'une desserte locale à laquelle il est difficile d'échapper. Ces camions doivent a priori se rendre dans des zones où des entreprises lourdes sont implantées, par exemple la société Tradecowall. Il est impossible de drainer ce charroi par un autre itinéraire."

Du coup, je cherche à savoir qui sont ces poids lourds. Pour les semi-remorques qui réveillent mes enfants en plein nuit en passant à plus de 50 km/h (c'est une évidence), je n'en saurai rien à moins de les photographier au flash toute la nuit pendant plusieurs semaines... Mais M. Lutgen évoque la société Tradecowall. Qu'en est-il ?
Un petit tour sur le web m'indique que cette coopérative a été créée en 1991 et compte parmi ses administrateurs la DGO1 et la DGO4 du Service Public de Wallonie (SPW). De manière générale, la Région wallonne est donc l'un des principaux partenaires de Tradecowall, via la société publique SPAQuE (réhabilitation de décharges et de friches polluées). Compte tenu des intérêts de la Région wallonne dans ces activités, je m'interroge naturellement sur l'objectivité de M. Lutgen lorsqu'il affirme qu'il est "impossible de drainer ce charroi par un autre itinéraire".
A ce propos, je constate en parallèle que Tradecowall possède un 'centre de gestion des terres' de chaque côté de la Ville de Gembloux : l'un à Fleurus (au sud-ouest) et l'autre à Grand-Leez (à l'est). Pour aller de l'un à l'autre, le trajet le plus court est... la RN29 ! Selon Google Maps, il faudrait 30 minutes pour parcourir les 22 km entre les deux centres. Bien sûr, s'il fallait passer par l'E42 et l'échangeur N4 de Rhisnes, cela représenterait 14 km de plus (en venant de Charleroi, par exemple) si l'on veut éviter les villages de St-Denis et Beuzet. 63% de distance en plus, c'est autant de carburant en plus sur chaque trajet ;-)

(suite des réflexions dans quelques temps)

mercredi 28 juillet 2010

Implantations commerciales et trafic de transit

L'implantation d'un commerce et sa fréquentation ont une incidence directe sur les flux automobiles et le stationnement. Pour réduire à long terme le trafic de transit sur le tronçon ouest de la N29, il ne suffit pas de dévier les poids lourds et de relocaliser l'emploi, il faut aussi agir sur l'implantation de l'offre commerciale.
Aujourd'hui, Gembloux possède une offre périurbaine relativement importante alors que la santé commerciale du centre-ville est de plus en plus préoccupante. Or, ce sont précisément les commerces spécialisés (et leurs activités connexes) qui peuvent dynamiser la vie socio-économique du centre. Dans le contexte actuel, dominé par un comportement davantage individualiste, les rapports sociaux se sont depuis longtemps déplacés vers la périphérie (jugée plus sûre) et en particulier vers la maison isolée, au sein du cercle familial. Pour réinvestir le centre de Gembloux et le rendre attractif pour la population, il convient de sensibiliser celle-ci aux atouts spécifiques au centre mais surtout de mettre en place des aides et incitants qui faciliteraient l'installation de nouvelles PME au sein du tissu urbain du noyau historique. Dans l'entité de Blegny, le Bourgmestre a pris plusieurs initiatives inédites en Wallonie. Lisez à ce sujet l'article publié récemment par l'UCM.

dimanche 30 mai 2010

Impacts du développement de Gembloux sur les déplacements de la N29

Une étude universitaire initiée par l'échevin de l'urbanisme, récemment présentée au Collège communal, fait le point sur les impacts prévisibles du développement de la Ville de Gembloux.
Réalisée par le CREAT (UCL), cette étude prospective et stratégique a le mérite de présenter un bilan global et actualisé des principaux enjeux, par ailleurs déjà présentés pour certains dans des outils communaux antérieurs (SSC, PCM...). Parmi les différents impacts évalués, ceux sur la mobilité ne sont évidemment pas les moindres.
Dans son état des lieux (p.95), l'auteur d'étude précise que "La N29 accueille un trafic de plus en plus important ; en 2007, on y note un flux quotidien d’environ 13.500 véhicules. Une part importante de ce trafic est constituée de poids lourds, de 15 à 20 % dans sa partie ouest. Ce trafic engendre des problèmes de convivialité et de sécurité, souvent dénoncés par les riverains. Les indications des systèmes de navigation par satellite (GPS) incitent les camions à traverser la ville pour rejoindre la E411, car c’est l’itinéraire le plus court pour aller de Charleroi à Eindhoven.
A contrario, cet axe joue de plus en plus un rôle de « boulevard urbain » à l’échelle de la ville."

Parmi les mesures à prendre, voici l'une de celles qui portent sur la N29 (p.97) :
"L’augmentation du trafic le long de la RN29 impose aussi d’y trouver une solution, d’autant que cet axe qui traverse la ville mérite d’être considéré comme un boulevard urbain digne de ce nom. Une des solutions évoquées de longue date pour résoudre ce problème est la réalisation d’un contournement nord-ouest par une boucle de déviation qui rejoindrait la RN4 entre l’ancienne chaussée romaine et le village d’Ernage.
Mais une telle infrastructure s’avérerait très coûteuse et elle nécessiterait un passage sur la commune voisine de Chastre. Parallèlement, un réaménagement de la N29 dans la traversée de Gembloux est indispensable pour améliorer la sécurité et la convivialité le long de cet axe.
- On pourrait donc d’abord tenter de dissuader le trafic de transit, et en particulier les poids lourds, par des aménagements dissuasifs ou des limitations de tonnage, afin de reporter les camions sur le « contournement » autoroutier déjà existant (entre Fleurus ou Sombreffe et Thorembais par le réseau autoroutier et l’échangeur de Daussoulx). Il s’agirait aussi de permettre une cohérence entre les politiques locales de mobilité et les indications fournies par les systèmes GPS. Dans un second temps, si ces aménagements s’avèrent insuffisants, le projet d’un contournement pourra être réexaminé.
- Si le report de trafic de transit sur le réseau autoroutier via Daussoulx s’avérait irréaliste, un autre ordre de priorités établirait qu’on commence par réaliser le contournement nord-ouest, ce qui donnerait aussitôt à la RN29 dans sa traversée de la ville la fonction attendue de boulevard urbain.
Notons que la réflexion doit aussi tenir compte du trafic provenant de Cortil-Noirmont, flux non négligeable au niveau du carrefour entre la rue des Résistants et la N29."

Etude à télécharger sur le portail de Gembloux 2020.

vendredi 12 mars 2010

Nuisances sonores insupportables (reportage TV)


Une chaussée dégradée, un charroi incessant de camions, des limitations de vitesse qui ne sont pas respectées, tout cela génère des nuisances sonores insupportables pour les riverains de la route nationale 29 à Gembloux. Ils interpellent depuis des mois le Service public de Wallonie pour trouver des solutions mais en vain... Un reportage réalisé le 15 février 2010.

A voir sur le site de CanalZoom !